La déception française a été grande aux Jeux Olympiques de Vancouver. Brian Joubert a déçu, beaucoup déçu le public français. Avec sa 18ème place et sa chute au programme court, loin derrière toutes les expectations, Brian Joubert a aussi déclenché une foule de réactions de désapprobation, jusqu’à la 3ème place obtenue la semaine dernière aux Mondiaux de Patinage à Turin.
Retour sur les JO de Brian Joubert
Et ses explications n’ont pas eu de quoi rassurer. Apparu perdu, désorienté, il a tenté de justifier son échec et son comportement. “Je savais que les choses n’étaient pas comme elles devaient l’être, mais je n’ai pas su réagir en conséquence. Je sais ce que je dois faire mais ce n’est pas facile. Ce n’était pas le bon moment pour me rendre compte de ce qui n’allait pas”. La presse s’est posée la question de son entrainement et de sa relation fusionnelle avec sa mère qui n’est jamais loin, aux entrainements comme en compétition, comme on le voit dans ce reportage de France 3.
Mais surtout, les accusations ont été particulièrement sérieuses, pointant un manque de professionnalisme dans sa préparation aux JO. Et elles viennent de haut. C’est Didier Gailhaguet, le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) qui a lui-même convoqué le poitevin pour une mise au point. Il n’a d’ailleurs pas hésité à communiquer son mécontentement dans les médias, arguant à qui veut l’entendre qu’ « il n’a pas respecté les règles du comportement d’un athlète de haut niveau, [d'abord] en ne voulant pas s’exiler de temps à autre. Deuxièmement, en ne voulant pas appliquer la quantité de travail nécessaire. Et troisièmement, en ne participant pas à assez d’épreuves. »
Brian a aussi peut être fait l’erreur de ne pas accepter la proposition de s’entrainer 6 mois avec Kurt Browning et Brian Orser, le coach de la championne du monde en titre sud-coréenne Kim Yu-na. Cela paraît étrange qu’un champion olympique ne surgisse de la patinoire de Poitiers, en travaillant seul alors qu’il avait la possibilité de se confronter aux meilleurs dès les prémisses de la compétition.
Brian Joubert, un athlète toujours prometteur
Pour autant, la FFSG n’a pas perdu sa confiance en Brian, mais le chemin est désormais balisé, encadré, avec des objectifs à réaliser et des résultats à présenter. Du travail, du soutien et de l’encadrement pour pousser le jeune poitevin au meilleur. Du travail encore et non plus la décontraction d’une journée motoneige à Mont Valin. Le sport de haut niveau est un emploi à plein temps qui demande un autre investissement qu’une attitude dilettante et des choix hasardeux. Didier Gailhaguet a eu raison d’affirmer il y a quelques semaines «A partir de maintenant, il n’y aura plus de contrat moral entre la Fédération et Brian. Il y aura un contrat d’objectif, des résultats à obtenir. Désormais, on ne payera plus avant, mais après »
Si les Championnats du monde de Turin fin mars 2010 s’annonçaient en demi-teinte pour Brian Joubert, il n’empêche que les résultats ont été là. Que s’est-il passé depuis les JO? Remise en question et travail? Si Brian affirme n’avoir jamais été paresseux et même plutôt du genre bosseur, la révolution a eu lieu au niveau mental.

Cette médaille de bronze a été acquise aux prix d’une remise en question intense depuis l’échec des JO. Et cette consécration a ainsi une valeur et une saveur sans égal pour Brian, qui revient de loin « Je ne suis pas mort. C’est une question que je me posais. C’était pas évident… Je ne savais pas si j’étais fait pour la compétition mais au fond de moi-même je le sentais… J’ai répondu à ma question et ça fait du bien »





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