C’est l’histoire d’une station balnéaire soviétique, Sotchi, devenue ville olympique. La Russie, comme la Chine pour les Jeux de Pékin, compte bien en découdre avec le reste du monde, avec une gestion des événements on ne peut plus drastique. Les citoyens expropriés ont entamé une grève de la faim et pas un qui ne dénoncent le carnage écologique préparation. Au creux de cette tourmente, un scandale fait l’effet d’une cerise sur le gâteau au goût rance : ce 7 septembre 2010, un rapport de la cour des comptes russe révélait qu’aucune décharge n’existe dans la station balnéaire. Horreur suprême, les égouts se déverseraient dans la mer Noire sans avoir été traités.
Avec l’avancée des travaux, le problème ne risque pas de s’améliorer. En effet, d’ici à 2013, la ville devra gérer les quelques 817 000 tonnes de déchets liées à la construction. Il faut dire que la précédente décharge avait provoqué un éboulement en janvier dernier, détruisant cinq maisons.
Le village de Krasnaïa Polyana, à 60km de Sotchi, accueillera les épreuves de neige et accessoirement les complexes olympiques. Les modestes maisonnettes devront cohabiter avec les resorts et autres hôtels géants spécialement conçus pour les olympiades. Il faut dire que la population locale n’a pas eu son mot à dire et beaucoup s’insurge contre ces Jeux, idéaux pour blanchir de l’argent.
Des JO verts pour 2014 ?
Déjà, une mission de l’ONU regrettait en mars que les décisions sur les mesures environnementales prenaient trop de temps. Mais les organisateurs, de leur côté, pensaient que ces JO auraient pu être une occasion de s’offrir une image reverdie à la Russie. Mais, Dmitri Kaptsov, militant de la Faction écologiste, lui, n’hésitent pas à dénoncer « la réalité russe » qui a tué dans l’œuf toutes ces bonnes intentions.
Les belles espérances remontent à 2007 et au discours de Vladimir Poutine qui peignait, à l’image d’un tableau de Fernand Toupin, des JO verts et sans conséquences écologiques. Seulement pour ce faire, il aurait fallu penser en amont le projet au moins 5 années avant de proposer une candidature. Au lieu de ça, une victoire surprise et un désastre écologique en devenir. Outre la déforestation, la gestion désastreuse des déchets, le cours des événements a fait que Greenpeace, WWF et Faction écologique se sont désolidarisées de la société étatique en charge des travaux Olympstroi.
Evidemment Alexandra Kasterina, porte-parole d’Olympstroï, présente ces JO comme un projet des plus verts et qu’en marge de la construction, 20 000 hectares d’arbres seront ajoutés au parc national près de Sotchi.
En attendant, la principale menace reste la rivière Mzymta : en effet, sont construits le long de son lit, une route neuve et une ligne de chemin de fer. Avec 23 ponts et 6 tunnels, cette route, mais aussi, d’autres évènements fortuits ont contribué à gonfler la facture olympique qui s’élève désormais à 31 milliards de dollars.
Il faut dire que la corruption contribue pour beaucoup à l’augmentation du passage en caisse.



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